Introduction
Comme nous l’avons vu dans l’article précédent « Le viol ou la
réminiscence de l’époque féodale », notre société est composée de familles
dont l’héritage comportemental transgénérationnel, tant pour les femmes que
pour les hommes, est gangréné par la dette[1]
générée par notre passé guerrier.
Etant les héritiers des vainqueurs de guerres dont le viol était la face
honteuse, nous devons composer avec un inconscient collectif polarisé en
violeur-violée, qui que l’on soit.
Karma de violeur ou de violée
L’état de guerre mal géré[2]
>> génère le viol >>génère l’éclatement de l’être humain à trois
niveaux :
·
Individuel : l’être humain composé d’un aspect
féminin (ou polarité négative, concave, réceptive et passive) et d’un aspect
masculin (ou polarité positive, convexe, émettrice et active) vit
intérieurement une guerre qui oppose les deux facettes de sa personnalité. En
général, les femmes vivront cela en niant leur aspect masculin (négation de la
force brute, non-expression de la violence, etc…) idem pour les hommes (qui
refuseront leur aspect fragile et faible, glorifiant l’insensibilité, etc…)
·
Familial : les parents fondent une famille en
attribuant à l’homme le rôle omnipotent et omniscient qui gagne l’argent de la
famille, opposé à une femme faible au foyer soumise à son mari qui ne peut
exister qu’au travers de ses rôles d’épouse et de mère
·
Social : la société considère plus ou moins
inconsciemment la femme comme faible et inférieur à l’homme (salaires
inférieures, inégalité de traitement, etc…). Des lois sont misent en œuvre pour
la protéger (divorce, mobbing, etc…) mais ont comme résultat pernicieux de surprotéger
la femme et de l’infantiliser.
La guerre des sexes est sûrement l’une des plus grandes absurdités des
Hommes car elle brise ce qui nous est nécessaire de la conception à la mort :
l’amour. Et je ne parle pas du lien passionnel et fusionnel qui lie deux êtres
humains, mais de ce lien qui permet l’empathie, la compassion, la tolérance et
le respect.
Bien que chaque être humain aie un besoin vital d’amour de ses
congénères, il ne peut ni le prendre de force, ni s’avilir pour l’obtenir.
Pouvoir de changer
Il est vrai que, pour celle ou celui qui ouvre les yeux sur ce problème
de société, il n’est pas facile de trouver une solution toute simple du style
« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ».
Par contre tant pour les femmes que pour les hommes, je suis convaincu
que nous pouvons changer ensemble tout cela en acceptant de changer nos vieux schémas :
·
Il est loin le temps où les problèmes se réglaient
en les éliminant par la force (la guerre). Nous vivons une époque de changement
où c’est bien l’esprit qui gagne et plus le muscle. C’est par son intelligence
que l’individu peut gagner et convaincre ses congénères de le suivre. Ce
problème concerne majoritairement les hommes dont des générations entières ont
été éduqués dans l’idolâtrie de la force brute et insensible.
·
Il n’y a pas de sexe faible et de sexe fort, ni de
cerveau mieux développé qu’un autre ! Par contre il est vrai que, jusqu’à
présent, les femmes ont favorisé leur hémisphère droit (émotionnel) et les
hommes leur hémisphère gauche (rationnel). Cette culture du clivage peut cesser
en changeant l’éducation des enfants….et des adultes. Les hommes peuvent
accepter leur sensibilité et apprendre à en parler et les femmes peuvent
s’affranchir des anciennes limites qui étaient les leurs et faire bénéficier la
société de tout leur bon sens.
Conclusion
Bien que l’être humain naisse avec un héritage qui est ensuite corroboré
par l’éducation, il peut en changer lorsque celui-ci s’avère dépassé ou
inapproprié. Le viol est la conséquence inacceptable de comportements
rétrogrades issus d’un passé révolu.
Le viol concerne toute la société, femmes et hommes de toutes les
générations et de toutes les classes sociales. Nous pouvons changer en
commençant par nous ! En changeant nos comportement de l’intérieur par et
pour nous-mêmes nous pouvons empêcher que le viol passe par nous que nous
soyons potentiellement violeur ou violée. Car bien que cela ne soit pas facile
à admettre, pour qu’il y est viol il faut non seulement un bourreau mais
également une victime.
Nous pouvons tous sortir de ces rôles avilissant SI NOUS LE
CHOISSISSONS. Nous avons tous le pouvoir de changer jusqu’à notre cerveau
(plasticité synaptique). Comme je l’expliquais dans mon article « Choisir
entre les deux chemins de la peur ou celui du plaisir »[3],
l’être humain qui active son intelligence change son destin et choisi la
direction qu’il veut donner à sa vie selon les aspirations de son cœur et sa
propre conscience.
Mon humble expérience m’a démontré que même si nous n’étions pas
directement violeur ou violée, nous pouvions décemment rester silencieux et
inactif lorsque nous étions exposés à cela en tant que témoin.
Le viol détruit la partie la plus intime de la femme qui est aussi symboliquement
l’utérus de la future humanité, porteuse d’espoir et de continuité. Accepter le
viol en silence c’est accepter de souffrir et faire souffrir les générations
qui grandissent et à venir. Le transcender c’est oser le bonheur sans
concession à la souffrance, que l’humanité a déjà largement expérimenté
Jean-Christian
Balmat
[1] Le
passif, ou dette karmique, est composé par les mauvaises actions accumulées par
les générations précédentes. La Loi de Rétribution pour les occidentaux ou Karma
pour les orientaux est une dette que la personne, la famille, la nation ou
l’humanité crée lorsque de chaque action : bonne, elle crée un
« bonus », mauvaise, un « malus ». Le Karma concerne nos pensées,
nos émotions et nos actions physiques. Dans le cas où il existe une dette pour
des démérites passés, la personne doit rembourser par des bonnes actions dans
le même domaine que la dette existante.
[2] Dans
ce contexte une guerre mal géré est, d’un point de vue symbolique, un conflit
ouvert à l’extérieur où le guerrier rentrant finalement dans son foyer oublie
de ranger son épée et frappe son épouse. Le viol devenant le moyen le plus
abjecte de conquérir la femme par la force brute.
[3] http://shiatsu-holistique.blogspot.ch/2012/10/choisir-entre-les-deux-chemins-de-la.html
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