vendredi 30 novembre 2012

Le viol ou la réminiscence de l’époque féodale



Introduction


Malgré le fait que nous vivions au 21ème siècle, il y a toujours 90% des femmes violées qui restent silencieuses face à ce crime dans le monde occidental. Pourquoi ?
Pour la simple raison que nous sommes tous des descendants d’une longue période de l’histoire durant laquelle celui qui commandait le clan était l’homme alpha, ce dernier se comportant ni plus ni moins comme les mammifères.


L’homme viril, l’homme omnipotent


Par le rituel de sélection, le clan portait à sa tête celui qui était le plus fort en muscles et qui était par la même occasion le plus apte à guider les autres et à les protéger des risques.
Ce système issu en ligne direct du comportement animal des mammifères, favorise les hormones (et les fonctionnements qui leur sont liées) au détriment de l’intelligence.
Dans ce cas de figure, l’homme qui commande est viril, omnipotent et accède à toute une série de pouvoir :
·         Il est fort et est en droit d’imposer sa pensée (même si elle est absurde) par la force de ses muscles et du timbre de sa voix (qui est de facto grave et puissant puisqu’il est celui qui a le plus testostérone). Les hommes le suivent et les femmes le convoitent.
·         Il est le plus séduisant ou en tout cas le mâle le plus convoité par les femmes car il est le plus apte à assurer leur avenir dans l’inconscient collectif. Dans ce schéma primitif, l’homme étant doté d’un corps puissant (de par les hormones mâles) plus efficace dans la chasse et son pendant le travail physique lourd. La femme étant génétiquement prédestinée à enfanter, développe dès la puberté un corps aux propriétés différentes (mais en aucun cas inférieures !)
Ce schéma a permis le développement d’une société totalement polarisée qui a été dans les premiers temps de l’humanité surement très efficace mais qui depuis l’ère industrielle perdure dans l’inconscient collectif sous la forme de « l’homme au boulot et la femme au fourneau ».

 HOMME TOUT PUISSANT QUI AGIT > polarisé avec > FEMME FAIBLE QUI SUBIT


Malgré l’avènement de mouvements féministes au début du 20ème siècle, les vieux fantômes de notre passé hantent tant les hommes que les femmes.



Tuer l’ennemi et violer sa veuve


« Le plus grand bonheur du Mongol est de vaincre l’ennemi, de ravir ses trésors, de faire hurler ses serviteurs, de se sauver au galop de ses chevaux bien nourris, de se servir du ventre de ses femmes et de ses filles comme de couches et de prendre plaisir à leur beauté... » Citation de Gengis Khan.

Nous sommes tous les descendants des vainqueurs de guerres passées. Ce que nous oublions est l’inconscient collectif dont nous héritons tous. Bien que notre société ait évolué technologiquement rapidement, ce n’est pas le cas de notre cerveau !
Bien que cela paraisse horrible aux « gens civilisés » que nous sommes, les guerriers dont nous descendons étaient dramatiquement efficaces dans le sens où ils tuaient leurs ennemis dans un premier temps puis violaient leurs veuves dans un second temps, changeant ainsi la génétique de l’ennemi pour les assimiler.
Admettre ce comportement historique aussi abject qu’il soit permet de comprendre une des racines profondes du viol.



Les fantômes du passé


Dans l’histoire de l’humanité et ce partout sur la planète et dans toutes les cultures, les relations hommes-femmes ont évolué pour devenir de plus en plus complexe. De la nature animale[1] l’humanité a valorisé peu-à-peu au cours de son histoire les droits équitables pour tous (déclaration des droits de l’homme en 1789 par exemple).
Cependant les droits des plus « faibles » (selon les plus forts qui de facto furent longtemps les plus riches et les élus politiques qui votaient des lois qui les avantageaient) c’est-à-dire les étrangers, les enfants et….les femmes bien qu’acquis dans les textes de lois depuis plus de deux siècles ne le sont pas toujours dans les faits.
Un parallèle avec les personnes de couleur est intéressant à faire : les « forts » qui ont érigé en dogme pendant des siècles une anthropologie justifiant des holocaustes immondes (amérindiens, juifs, bushman, entre autres) l’esclavage et l’infériorisation de tous ceux qui n’étaient pas blancs ; sont les même qui ont ergoté des siècles pour savoir si la femme avait un cerveau !!
Mais qui sont ces « forts » ? Dans le clan ils étaient les hommes à la plus forte stature, armés de façon à défendre ceux qui les avaient portés à leur tête. Ils sont devenus les chevaliers, l’élite guerrière. Ils ont structuré les armés modernes et…le tissu économiques. Ils ont, partout sur terre, été remerciés de leurs victoires par des terres et des possessions.
En posant les armes, les hommes auraient dû changer de système de penser. Hors en rangeant leurs épées dans leur fourreau ils se sont retrouvés face à un déficit inconscient de virilité. Dans la plupart des sociétés anciennement guerrière, les hommes se sont retrouvés frustrés de pouvoir prouver leur valeur et leur bravoure sur le champ de bataille : certains sont devenus les requins du monde économiques, mais beaucoup d’autres ont noyé leur frustration dans l’alcool et d’autres drogues


Du clan, l’humanité s’est gentiment structurée en villages, villes jusqu’à nos mégapoles actuelles. Par contre la tendance à la simplification ou devrais-je dire à la réduction de pensée est toujours à l’ordre du jour Malheureusement :
·         Augmentation de l’extrême droite et intégrisme religieux chrétien dans tout le monde occidental. Le « white power » a le vent en poupe des États-Unis jusqu’en Russie avec son cortège d’idées totalement dénuées de tolérance : contre l’avortement, contre la libération des femmes (et pour le retour de celles-ci à leur « place » : derrière les fourneaux), contre le droit des homosexuels, contre l’immigration, etc…
·         Le mouvement ci-dessus fait écho à l’intégrisme musulman en orient…que l’on critique énormément en occident alors qu’il utilise systématiquement les mêmes archétypes.

Que l’on prenne l’individu où le groupe, l’être humain qui fonctionne de manière binaire (bon-mauvais, juste-faux, fort-faible) exclu tout réflexion mais au contraire « permute » selon les stimuli de son environnement social.
L’homme vit intérieurement dans la perception QU’IL DOIT IMPERATIVEMENT ETRE LE PLUS FORT ne peut tolérer d’être mis en échec par une femme qui « ose » lui dire NON ainsi le placer dans une position d’impuissance. Le viol devient alors un moyen pathologique d’imposer à la femme son besoin irrépréhensible de domination.



Trop de libéralisme génère une réaction conservatrice


Comme nous venons de le voir les extrémismes sont en augmentation partout sur la planète. Sans les justifier, il existe des explications à ce phénomène.
Pour faire évoluer les comportements d’un individu ou d’un groupe il faut du temps, beaucoup de temps. Si l’être humain est exposé à des changements sociétaux trop rapides il prend peur et…se défend contre ce qu’il perçoit comme une agression. Exemples :
·         L’homme que l’on a éduqué à être le futur chef, seul soutien de famille par un couple dont les parents matérialisaient la polarisation extrêmes des sexes aura du mal voir sera incapable de tolérer le concept d’égalité des sexes. Il sera rassuré par des femmes soumises à sa volonté et pourra dans certaines situations se sentir agressé et réagir par l’agression s’il est confronté à des femmes à fort caractère et très affirmées.
·         Les individus que l’on éduque dans un système de penser très puritain rejetterons comme les suppôts de Satan les personnes qui ont un comportement libéré pire si par exemple ils sont exposés à une gay pride, des hôpitaux qui pratiquent l’avortement ou des scènes ouvertes de la drogue, ils réagiront très violemment.

Les tentatives de l’humanité d’établir des sociétés « parfaites » ont été multiples mais les conséquences ont été souvent des catastrophes. Exemples :
·         Les sociétés puritaines du 19ème siècle développaient une face en pleine lumière lisse, belle mais ont généré une société de l’ombre faite de bordels et de bars, endroits dans lesquels tout était permis
·         La prohibition édictée au États-Unis de 1920 à 1933 partait d’une bonne volonté : éradiquer les méfais de l’alcoolisme. Pourtant elle a contribué à créer une société qui buvait toujours autant mais en développant une société parallèle mafieuse qui arrosait les débits illégaux d’alcool frelaté sous les yeux d’une police corrompu.
·         Le mouvement de libération de la femme est une excellente chose….pour les esprits préparés à l’accueillir. Mais il faut bien convenir que bien des groupes se sont insurgés contre ce dernier et ont d’autant plus renforcé leur position devenant bien souvent intégriste (tant chrétiens que musulmans)

Que cela soit pour un individu ou un groupe il est évident que tout changement brusque des valeurs de la société engendre une contre-réponse tout aussi forte qui va dans le sens inverse que celui qui est désiré par l’idéologie.



La belle façade de la lumière et les tabous dans l’ombre


Lorsqu’un enfant vient au monde, il n’a aucun tabou d’aucune manière. Selon l’éducation qu’il reçoit, il va séparer les actes en deux domaines :
·         Les actes permis, autorisés par la famille et la société. Il va être encouragé à les réaliser et recevra des récompenses pour les avoir fait.
·         Les actes interdis, tabous, honteux pour la famille et la société. Il va être éduqué à ne pas les réaliser et recevra des punitions s’il les fait.

Une éducation qui séparera symboliquement selon ces deux catégories produira toujours des enfants qui réagiront de manière manichéenne et de facto limitée.
Par contre à partir du moment où les parents et la société oseront éduquer en stimulant l’intelligence et l’esprit critique, ils pourront amener les enfants à réfléchir par eux-mêmes. Ce qui pourra amener les garçons à envisager que la vraie force se trouve dans l’esprit et non dans les biceps. De même les jeunes filles pourront envisager d’être des êtres humains à part entière n’ayant aucun besoin à l’âge adulte d’un homme pour les valoriser, leur apporter la sécurité et un avenir positif. A ce moment, ils pourront ensemble comprendre que virilité et féminité peut se conjuguer ensemble à condition qu’il existe :
·         Un respect non négociable qui permet le consentement
·         Une tolérance de la différence de l’autre dans son apparence, son sexe et…sa façon de penser. Tolérer que l’autre refuse un rapport sexuel est preuve d’évolution
·         Une prise de conscience que les deux sexes sont complémentaires et non opposés comme ça a été le cas jusqu’à maintenant



Eduquer le violeur destructeur


Comme nous l’avons vu auparavant le violeur est un homme à la mentalité arriérée qui ne peut admettre qu’une femme lui dise non ! Mais c’est un homme qui n’est pas seulement quelqu’un qui force, c’est aussi un destructeur. Car la femme qui a été violée est l’inverse de la femme honorée : elle est totalement déshumanisée, dégradée au sein même de son intimité.
Que faut-il faire ? Les tuer, les castrer ou les enfermer en prison pour une longue durée ? Je suis contre le fait de les punir sans leur faire prendre conscience de l’horreur de leur acte. La société doit faire une prise de conscience globale et traiter ce problème avec le plus grand sérieux.
La sexualité est un besoin normal mais son abord doit enfin être pris au sérieux dès l’enfance par une éducation au sein des familles et du système éducatif afin que nous ayons tous et partout la force d’arrêter de sacrifier des femmes toujours trop nombreuses sur l’autel de la sexualité masculine pervertie. Ce problème n’est pas celui des autres mais le nôtre ! Les victimes sont souvent nos mères, nos sœurs, nos femmes, nos filles ou nos amies. C’est en osant sortir ce drame du sac fourre-tout de nos tabous que nous pourrons l’aborder en pleine lumière !



                                                                                     Jean-Christian Balmat

Post-scriptum


Vous me trouvez excessif ? Je vous suggère l’excellent article du journal Le Temps à propos du gynécologue Denis Mukwege, qui en treize ans a opéré plus de 40 000 femmes violées et mutilées dans l’est du Congo-Kinshasa



[1] Nature animale : comportement de l’être humain totalement dominé par ses fonctionnements hormonaux et les sentiments négatifs forts que sont la peur, l’angoisse et la colère entre autres.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire