Introduction
Malgré le fait que nous vivions au 21ème siècle, il y a
toujours 90% des femmes violées qui restent silencieuses face à ce crime dans
le monde occidental. Pourquoi ?
Pour la simple raison que nous sommes tous des descendants d’une longue
période de l’histoire durant laquelle celui qui commandait le clan était
l’homme alpha, ce dernier se comportant ni plus ni moins comme les mammifères.
L’homme viril, l’homme omnipotent
Par le rituel de sélection, le clan portait à sa tête celui qui était le
plus fort en muscles et qui était par la même occasion le plus apte à guider
les autres et à les protéger des risques.
Ce système issu en ligne direct du comportement animal des mammifères,
favorise les hormones (et les fonctionnements qui leur sont liées) au détriment
de l’intelligence.
Dans ce cas de figure, l’homme qui commande est viril, omnipotent et
accède à toute une série de pouvoir :
·
Il est fort et est en droit d’imposer sa pensée
(même si elle est absurde) par la force de ses muscles et du timbre de sa voix
(qui est de facto grave et puissant puisqu’il est celui qui a le plus
testostérone). Les hommes le suivent et les femmes le convoitent.
·
Il est le plus séduisant ou en tout cas le mâle le
plus convoité par les femmes car il est le plus apte à assurer leur avenir dans
l’inconscient collectif. Dans ce schéma primitif, l’homme étant doté d’un corps
puissant (de par les hormones mâles) plus efficace dans la chasse et son
pendant le travail physique lourd. La femme étant génétiquement prédestinée à
enfanter, développe dès la puberté un corps aux propriétés différentes (mais en
aucun cas inférieures !)
Ce schéma a permis le développement d’une société totalement polarisée
qui a été dans les premiers temps de l’humanité surement très efficace mais qui
depuis l’ère industrielle perdure dans l’inconscient collectif sous la forme de
« l’homme au boulot et la femme au fourneau ».
HOMME TOUT PUISSANT QUI AGIT >
polarisé avec > FEMME FAIBLE QUI SUBIT
Malgré l’avènement de mouvements féministes au début du 20ème
siècle, les vieux fantômes de notre passé hantent tant les hommes que les
femmes.
Tuer l’ennemi et violer sa veuve
« Le plus grand bonheur du Mongol est de vaincre
l’ennemi, de ravir ses trésors, de faire hurler ses serviteurs, de se sauver au
galop de ses chevaux bien nourris, de se servir du ventre de ses femmes et de
ses filles comme de couches et de prendre plaisir à leur beauté... » Citation
de Gengis Khan.
Nous sommes tous les descendants des vainqueurs de guerres passées. Ce
que nous oublions est l’inconscient collectif dont nous héritons tous. Bien que
notre société ait évolué technologiquement rapidement, ce n’est pas le cas de notre
cerveau !
Bien que cela paraisse horrible aux « gens civilisés » que
nous sommes, les guerriers dont nous descendons étaient dramatiquement
efficaces dans le sens où ils tuaient leurs ennemis dans un premier temps puis
violaient leurs veuves dans un second temps, changeant ainsi la génétique de
l’ennemi pour les assimiler.
Admettre ce comportement historique aussi abject qu’il soit permet de
comprendre une des racines profondes du viol.
Les fantômes du passé
Dans l’histoire de l’humanité et ce partout sur la planète et dans
toutes les cultures, les relations hommes-femmes ont évolué pour devenir de
plus en plus complexe. De la nature animale[1]
l’humanité a valorisé peu-à-peu au cours de son histoire les droits équitables
pour tous (déclaration des droits de l’homme en 1789 par exemple).
Cependant les droits des plus « faibles » (selon les plus
forts qui de facto furent longtemps les plus riches et les élus politiques qui
votaient des lois qui les avantageaient) c’est-à-dire les étrangers, les
enfants et….les femmes bien qu’acquis dans les textes de lois depuis plus de
deux siècles ne le sont pas toujours dans les faits.
Un parallèle avec les personnes de couleur est intéressant à
faire : les « forts » qui ont érigé en dogme pendant des siècles
une anthropologie justifiant des holocaustes immondes (amérindiens, juifs, bushman,
entre autres) l’esclavage et l’infériorisation de tous ceux qui n’étaient pas
blancs ; sont les même qui ont ergoté des siècles pour savoir si la femme
avait un cerveau !!
Mais qui sont ces « forts » ? Dans le clan ils étaient
les hommes à la plus forte stature, armés de façon à défendre ceux qui les
avaient portés à leur tête. Ils sont devenus les chevaliers, l’élite guerrière.
Ils ont structuré les armés modernes et…le tissu économiques. Ils ont, partout
sur terre, été remerciés de leurs victoires par des terres et des possessions.
En posant les armes, les hommes auraient dû changer de système de
penser. Hors en rangeant leurs épées dans leur fourreau ils se sont retrouvés
face à un déficit inconscient de virilité. Dans la plupart des sociétés
anciennement guerrière, les hommes se sont retrouvés frustrés de pouvoir
prouver leur valeur et leur bravoure sur le champ de bataille : certains
sont devenus les requins du monde économiques, mais beaucoup d’autres ont noyé
leur frustration dans l’alcool et d’autres drogues
Du clan, l’humanité s’est gentiment structurée en villages, villes
jusqu’à nos mégapoles actuelles. Par contre la tendance à la simplification ou
devrais-je dire à la réduction de pensée est toujours à l’ordre du jour
Malheureusement :
·
Augmentation
de l’extrême droite et intégrisme religieux chrétien dans tout le monde
occidental. Le « white power » a le vent en poupe des États-Unis
jusqu’en Russie avec son cortège d’idées totalement dénuées de tolérance :
contre l’avortement, contre la libération des femmes (et pour le retour de
celles-ci à leur « place » : derrière les fourneaux), contre le
droit des homosexuels, contre l’immigration, etc…
·
Le
mouvement ci-dessus fait écho à l’intégrisme musulman en orient…que l’on
critique énormément en occident alors qu’il utilise systématiquement les mêmes
archétypes.
Que l’on prenne l’individu où le groupe, l’être humain qui
fonctionne de manière binaire (bon-mauvais, juste-faux, fort-faible) exclu tout
réflexion mais au contraire « permute » selon les stimuli de son
environnement social.
L’homme vit intérieurement dans la perception QU’IL DOIT
IMPERATIVEMENT ETRE LE PLUS FORT ne peut tolérer d’être mis en échec par une
femme qui « ose » lui dire NON ainsi le placer dans une position
d’impuissance. Le viol devient alors un moyen pathologique d’imposer à la femme
son besoin irrépréhensible de domination.
Trop de libéralisme génère une réaction conservatrice
Comme nous venons de le voir les extrémismes sont en augmentation
partout sur la planète. Sans les justifier, il existe des explications à ce
phénomène.
Pour faire évoluer les comportements d’un individu ou d’un groupe il
faut du temps, beaucoup de temps. Si l’être humain est exposé à des changements
sociétaux trop rapides il prend peur et…se défend contre ce qu’il perçoit comme
une agression. Exemples :
·
L’homme que l’on a éduqué à être le futur chef,
seul soutien de famille par un couple dont les parents matérialisaient la
polarisation extrêmes des sexes aura du mal voir sera incapable de tolérer le
concept d’égalité des sexes. Il sera rassuré par des femmes soumises à sa
volonté et pourra dans certaines situations se sentir agressé et réagir par
l’agression s’il est confronté à des femmes à fort caractère et très affirmées.
·
Les individus que l’on éduque dans un système de
penser très puritain rejetterons comme les suppôts de Satan les personnes qui
ont un comportement libéré pire si par exemple ils sont exposés à une gay
pride, des hôpitaux qui pratiquent l’avortement ou des scènes ouvertes de la
drogue, ils réagiront très violemment.
Les tentatives de l’humanité d’établir des sociétés
« parfaites » ont été multiples mais les conséquences ont été souvent
des catastrophes. Exemples :
·
Les sociétés puritaines du 19ème siècle
développaient une face en pleine lumière lisse, belle mais ont généré une
société de l’ombre faite de bordels et de bars, endroits dans lesquels tout
était permis
·
La prohibition édictée au États-Unis de 1920 à 1933
partait d’une bonne volonté : éradiquer les méfais de l’alcoolisme.
Pourtant elle a contribué à créer une société qui buvait toujours autant mais
en développant une société parallèle mafieuse qui arrosait les débits illégaux
d’alcool frelaté sous les yeux d’une police corrompu.
·
Le mouvement de libération de la femme est une
excellente chose….pour les esprits préparés à l’accueillir. Mais il faut bien
convenir que bien des groupes se sont insurgés contre ce dernier et ont
d’autant plus renforcé leur position devenant bien souvent intégriste (tant
chrétiens que musulmans)
Que cela soit pour un individu ou un groupe il est évident que tout
changement brusque des valeurs de la société engendre une contre-réponse tout
aussi forte qui va dans le sens inverse que celui qui est désiré par
l’idéologie.
La belle façade de la lumière et les tabous dans l’ombre
Lorsqu’un enfant vient au monde, il n’a aucun tabou d’aucune manière.
Selon l’éducation qu’il reçoit, il va séparer les actes en deux domaines :
·
Les actes permis, autorisés par la famille et la
société. Il va être encouragé à les réaliser et recevra des récompenses pour
les avoir fait.
·
Les actes interdis, tabous, honteux pour la famille
et la société. Il va être éduqué à ne pas les réaliser et recevra des punitions
s’il les fait.
Une éducation qui séparera symboliquement selon ces deux catégories
produira toujours des enfants qui réagiront de manière manichéenne et de facto
limitée.
Par contre à partir du moment où les parents et la société oseront
éduquer en stimulant l’intelligence et l’esprit critique, ils pourront amener
les enfants à réfléchir par eux-mêmes. Ce qui pourra amener les garçons à
envisager que la vraie force se trouve dans l’esprit et non dans les biceps. De
même les jeunes filles pourront envisager d’être des êtres humains à part
entière n’ayant aucun besoin à l’âge adulte d’un homme pour les valoriser, leur
apporter la sécurité et un avenir positif. A ce moment, ils pourront ensemble
comprendre que virilité et féminité peut se conjuguer ensemble à condition
qu’il existe :
·
Un respect non négociable qui permet le
consentement
·
Une tolérance de la différence de l’autre dans son
apparence, son sexe et…sa façon de penser. Tolérer que l’autre refuse un
rapport sexuel est preuve d’évolution
·
Une prise de conscience que les deux sexes sont
complémentaires et non opposés comme ça a été le cas jusqu’à maintenant
Eduquer le violeur destructeur
Comme nous l’avons vu auparavant le violeur est un homme à la mentalité
arriérée qui ne peut admettre qu’une femme lui dise non ! Mais c’est un
homme qui n’est pas seulement quelqu’un qui force, c’est aussi un destructeur.
Car la femme qui a été violée est l’inverse de la femme honorée : elle est
totalement déshumanisée, dégradée au sein même de son intimité.
Que faut-il faire ? Les tuer, les castrer ou les enfermer en prison
pour une longue durée ? Je suis contre le fait de les punir sans leur
faire prendre conscience de l’horreur de leur acte. La société doit faire une
prise de conscience globale et traiter ce problème avec le plus grand sérieux.
La sexualité est un besoin normal mais son abord doit enfin être pris au
sérieux dès l’enfance par une éducation au sein des familles et du système
éducatif afin que nous ayons tous et partout la force d’arrêter de sacrifier
des femmes toujours trop nombreuses sur l’autel de la sexualité masculine
pervertie. Ce problème n’est pas celui des autres mais le nôtre ! Les
victimes sont souvent nos mères, nos sœurs, nos femmes, nos filles ou nos
amies. C’est en osant sortir ce drame du sac fourre-tout de nos tabous que nous
pourrons l’aborder en pleine lumière !
Jean-Christian
Balmat
Post-scriptum
Vous me trouvez excessif ? Je vous suggère l’excellent article du journal
Le Temps à propos du gynécologue Denis Mukwege, qui en treize ans a
opéré plus de 40 000 femmes violées et mutilées dans l’est du Congo-Kinshasa
[1]
Nature animale : comportement de l’être humain totalement dominé par ses
fonctionnements hormonaux et les sentiments négatifs forts que sont la peur,
l’angoisse et la colère entre autres.