En avril 2007, une femme très chère à mon cœur s’est faite violée. En
tant que thérapeute et ami proche je l’ai aidée jusqu’à ce jour.
En tant qu’homme, thérapeute depuis 22 ans, élevé par une femme seule
ayant étudiée dans les années soixante à Paris, donc féministe et férue
Kennedy, Luther King, Gandhi et…Dolto, je m’attendais à ce que mon amie
bénéficie du soutien toute la société. Innocemment, moi qui aie vécu de
magnifique années huitante : world music, intégration des étrangers, chute
du mur de Berlin, je croyais au début de cette aventure que je vivais dans une
Suisse contre le viol et prête à prendre en charge les victimes de ce que je
considère comme des meurtres du cœur des êtres qui le subissent.
Je suis tombé de haut en m’apercevant que mon amie à qui j’apportais tous
ce que je pouvais fit face à :
·
Une famille qui ne voulut en rien lui venir en aide,
complètement sourde à l’idée même du viol. Sachant que mon amie n’a que des sœurs,
j’étais scandalisé
·
Une intervenante de la LAVI[1]
qui la découragea de porter plainte, lui répétant qu’elle n’avait aucune chance
de gagner.
·
Une inspectrice de la police de la sureté qui l’a
littéralement broyé au cours de deux interrogatoires la soupçonnant de mentir
Malgré toutes les séances dans lesquelles j’investissais toutes mes
ressources afin de traiter le syndrome de stress post-traumatique ; je
voyais mon amie seule affronter cet acte honteux que j’étais le seul à voir.
Plus le temps passait, plus elle s’enfonçait dans une honte, dans cette honte d’être
sale commune à toutes les personnes violées. J’ai fulminé, ai eu honte de vivre
dans un monde si arriéré !
Un jour j’ai craqué, j’ai écrit au violeur, lui promettant qu’il ne s’en
tirerait pas sans conséquences mais qu’au contraire il allait devoir rendre des
comptes à la justice. Quelques mois plus tard j’étais condamné à 14 jours de
TIG[2]
et CHF 850.- d’amende. Dans le même temps mon amie reçue la décision du
tribunal suite à sa plainte : non-lieu !
Suite à cela j’avoue que ma révolte fut grande de vivre dans cette
société. Oh pas pour moi, mais comment expliquer à mon amie qu’en fait il
fallait qu’elle se la ferme !
Je refuse participer à cela car ce n’est pas sur elle que doit s’abattre
la honte mais sur cet homme et ses relais dans la société qui permettent que le
viol reste impuni dans 90% des cas.
Plutôt que de rester impuissant et silencieux ce qui renforcerait le
violeur j’apporte ma modeste contribution à la cause des femmes violées. Pour
qu’elles sachent que nous ne sommes pas tous d’accord avec le silence complice,
que certains hommes désapprouvent totalement le viol et trouvent leur virilité
dans le consentement et leur force dans le respect des femmes.
Je dédie ce blog à mon amie à qui je souhaite un complet rétablissement
et de trouver la force de se relever encore plus forte qu’avant. Car elle
mérite de revivre en pleine lumière !
Je le dédie également à mes deux filles Isis et Lilou afin qu’elles
sachent grandir en défendant leur intégrité et développer une belle sexualité
qu’elles définiront seules sans jamais se la faire imposer !
Jean-Christian
Balmat
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